"Un berger qu'a eu une bête égorgée,

c'est plus le même homme.

Il sera plus jamais le même homme.

Il est changé et on peut rien y faire."

 

Fred Vargas « l'homme à l'envers » 1999

Sévérac-le-Château, Aveyron, 11 août 2017

Mélanie est éleveuse avec son mari depuis 2009. A 750m d’altitude, dans le Parc naturel régional des Grands Causses, ils élèvent 150 brebis de race Rouge de Roussillon. Connue sous le nom de Barbarine, cette brebis fait partie d’un programme de maintien des races en voie de disparition. La totalité de leur production est vendue en vente directe sous le label Bio.

Huit de ses brebis ont été tuées l’année dernière lors d’une attaque du troupeau par un ou plusieurs loups. «Dans le mois qui a suivi l’attaque, j’étais obsédée par ça. Vous sortez dans les bois, vous ne pensez qu’à ça, vous regardez derrière vous, derrière les arbres. Le soir vous n’osez pas sortir en forêt.»

«On nous dit que 80% des français sont favorables au loup mais c’est parce que les gens ne connaissent pas la réalité, notre réalité. Qu’est-ce que l’on souhaite ? Si on ne peut pas se défendre, il n’y aura plus de pastoralisme. Et que reste-t-il de la nature en France ? L’homme est partout et a tout bétonné. Et nous qui avons un mode de vie écologique, qui ne polluons quasiment pas, nous sommes stigmatisés»

Le paysage des Causses, inscrit sur la liste du Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO comme «paysages culturels de l’agro-pastoralisme méditerranéen». a été façonné par l’activité pastorale. L’économie du territoire est fondée sur l’élevage extensif de brebis, en grande partie laitières pour les caves de Roquefort.